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Published on août 29th, 2018 | by nresources

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Secteur minier de Masisi : La COOPERAMMA évoque un climat délétère

Décidément, depuis 2013, rien ne va dans le territoire de Masisi entre les exploitants artisanaux membres de la Coopérative des exploitants Artisanaux Miniers de Masisi « COOPERAMMA » et la Société Minière de Bisunzu « SMB SARL».

Les premiers accusent cette dernière d’être contre le développement communautaire dans cette partie du territoire congolais. Dans une correspondance datée du 5 octobre 2017, la Cooperamma a saisi le field officer Drc ; Rwanda et Burundi Itsci pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’abus à charge de MHI/SMB SARL. Des copies de cette correspondance ont été réservées à toutes les autorités compétentes.

Selon ce document parvenu à notre Rédaction, SMB SARL s’illustre par le non-respect du protocole d’accord conclu avec la Cooperamma en matière de payement. Elle marche également à contre-courant de la diligence raisonnable de l’OCDE, notamment en exportant des minerais non payés. SMB paie en retard les factures de ses fournisseurs de minerais, provoquant ainsi la faillite de certains membres de la Cooperamma qui ne peuvent plus continuer leurs affaires. Pour cette coopérative, SMB n’a ni la volonté, ni la capacité financière d’indemniser les propriétaires terriens qu’elle prétend vouloir chasser des concessions qu’elle s’est par ailleurs attribuées et qu’elle exploite par la force. Elle publie de faux résultats d’analyse. Elle est également accusée de destruction méchante, d’être le commanditaire des arrestations et détentions arbitraires, des saisies illégales des minerais, des tracasseries dues à la surmilitarisation des zones minières, des tentatives d’assassinat, des attentats et des extorsions.

Cette plainte contre la SMB n’est pas la première. Bien avant, Madame Brigitte Gakuru Urare Bunyogote, négociante et porteuse du numéro 00260 de la COOPERAMMA, réclamait ses 6592,9 kg x 60 USD de coltan que cette société avait enfûtés, alors que la fournisseuse n’avait jamais été payée. La cargaison appartenait à un collectif de femmes négociantes et creuseurs de Masisi représenté par Gakuru. Cette dernière avait épuisé toutes les voies pour un dénouement pacifique de cette affaire comme l’attestent les correspondances du 23 mai 2017 retravaillée le 25 mai 2017 parvenues à notre Rédaction. Comme le deuxième plaignant, elle avait également adressé des lettres à toutes les autorités compétentes. Mais aucune de ces démarches n’a fait plier le DG Benjamin Mwangachuchu. Fait-il partie des intouchables du régime ? Bien malin qui saurait répondre à cette interrogation.

Pour rentrer dans ses droits, Gakuru avait saisi le Procureur général près la cour d’appel du Nord-Kivu à Goma. De son côté, la CNLFM avait pris la décision de bloquer le lot 00120 de coltan et exigé le paiement des négociants avant l’exportation. Mais malgré cette décision, l’entreprise voulait exporter cette cargaison à tout prix.

Gakuru prévenait par ailleurs qu’elle n’était pas la seule victime. Monsieur Charigufi Sebifurwe et d’autres personnes qui travaillent dans la chaîne d’approvisionnement de la SMB ont subi le même sort dans le passé. Leurs minerais sont pris sans négociations préalables. Le paiement intervient souvent avec un retard de plusieurs mois. Le prix dépend du bon gré de l’acheteur. Le destinataire final (le véritable acheteur) n’est pas connu. L’opinion craint que les groupes armés qui sèment l’insécurité dans cette partie du territoire, ne soient pas innocents dans cette manœuvre.

Un territoire conquis ?

Notons que la SMB est une société des « Congolais » arrivée dans les bagages du RCD/Goma, alors mouvement rebelle. C’est en cette période que Benjamin Mwangachuchu et consort s’étaient arrogés 32 carrés miniers dans les concessions de la SAKIMA. Malgré la mutation de ce mouvement en parti politique et son inscription dans le processus démocratique, la SMB se comporte nostalgiquement comme à l’époque où la rébellion était maîtresse de ce coin du pays. La Cooperamma ne demande pas mieux que l’ouverture de l’incident à charge de la SMB SARL en vue de l’apaisement du climat des affaires dans le secteur minier de Masisi.

Alex Gigori


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