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Published on août 20th, 2018 | by nresources

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Louis Watum : « La RDC, un pays au superlatif »

A DRC Mining Week qui a eu lieu récemment à Lubumbashi, le DG d’Ivanhoé Mines, Louis Watum a parlé du développement des projets durables et finançables en RDC. Il a fait remarquer que la RDC est un pays au superlatif où, tout est grand. Mais que c’est aussi un pays des paradoxes. Beaucoup de domaines économiquement rentables ne reçoivent pas de financement, regrette-t-il. Ce n’est pas sans raison qu’il le dit. Il cite l’exemple des près de 80 millions des terres arables dont regorge la RDC et que très peu de gens s’intéressent  au domaine agricole comme secteur d’investissement. Les 100 mille mégawatts du potentiel hydroélectrique moisissent pendant que tout le pays est dans le noir. Et pour revenir dans son domaine de prédilection, les mines ; Watum relève que la RDC détient la moitié des réserves de cobalt dans le monde. Mais sa population croupit dans une pauvreté qui dépasse l’entendement. D’un côté, des potentialités immenses, dont les mines et de l’autre, la pauvreté extrême de la population. Au lieu d’apporter la solution, s’offusque Watum, l’artisanat minier est une vraie tragédie. Il corrobore son affirmation en citant l’exemple de la province du Lualaba avec ses 150 mille artisanaux ayant une moyenne d’âge entre 17 et 35 ans. Selon lui, c’est une armée qui ne dit pas son nom. Et de prévenir que ni l’armée, ni la police ne pourra les arrêter un jour lorsqu’ils auront décidé d’envahir les concessions industrielles.

Epinglant l’une des raisons qui ont motivé la révision du Code minier dont on a longuement parlé, Watum met l’accent sur l’exploration. Il relève que très peu de permis de recherche ont été transformés sur près de 4300 octroyés aux investisseurs. L’exploration est importante Chez Ivanhoé Mines qui lui réserve sa branche recherche et développement. Cette société sait que ceux qui dépensent dans l’exploration aujourd’hui, sont ceux qui découvriront et construiront les mines demain. Cependant, la tendance globale dans le monde concernant l’exploration, est baissière après le pic de 2012. Depuis, les politiques sont très prudentes dans les investissements green field. Le nombre de compagnies d’exploration et les budgets sont en baisse. On parle actuellement de seulement environ 7 milliards USD d’enveloppe globale dans l’exploration dans les différentes juridictions. L’Afrique consomme 14 % de cette somme. 2 % viennent en RDC. Et l’orateur pose la question de savoir si la RDC peut bien se contenter de ces 2 %. Son objectif est de montrer que le pays est en compétition avec 180 autres juridictions minières pour avoir une part dans ce gâteau de dollars d’exploration.

Parlant de l’attractivité de la RDC pour les investissements, il estime que déjà avant le Code minier actuel, ce pays se trouvait au bas du tableau. De quoi craindre que le nouveau code ne le rende davantage moins attractif que ses concurrents.

Didier Kamesa Mwana


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