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Published on mai 2nd, 2019 | by nresources

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Le silence qui dérange

Le secteur minier mondial a été marqué au cours de ce premier trimestre 2019, par deux grands forums : Indaba en Afrique du Sud et PDAC au Canada. Mais un constat malheureux s’est dégagé. La RDC a été, soit sous, soit non représentée. Et le fait n’est pas nouveau. Lorsqu’on scrute l’histoire, on se rend à l’évidence que chaque fois en politique, en économie et dans d’autres domaines encore, les grandes décisions concernant ce pays, sont prises loin de son territoire et généralement, sans ses représentants. Alors qu’il est de notoriété publique que les relations internationales ne sont pas guidées par l’amitié, mais plutôt par les intérêts et les rapports de force. Et dans le monde des affaires, les partenaires sont aussi des concurrents. Chacun tire la couverture de son côté. Aussi, sommes-nous poussés à nous demander à quoi s’attend la RDC lorsqu’elle boycotte ( ?) ou plutôt néglige ces grandes rencontres ? Là où on nous attend, on ne nous voit pas. Et là où nous allons, que gagnons-nous? Doit-on laisser aux multinationales la charge de défendre la cause du pays dans ces forums ? Sont-elles vraiment de bonne foi jusqu’à le faire pour les beaux yeux des Congolais ?
Que peut-on retenir aujourd’hui du contrat minerais contre infrastructures avec les Chinois ? De 1908 à 1965, l’Union minière avait exploité seulement près de 8 millions de tonnes de cuivre. Mais elle a construit la plupart des infrastructures connues en RDC. Elle a aussi boosté d’autres industries autant que l’économie du pays. Plus tard, le pouvoir de Mobutu a laissé plusieurs infrastructures avec l’exploitation des mines. Quid de notre ère ? La production a augmenté mais la contribution reste presque nulle.
La RDC est leader en termes de réserves pour certains minerais, mais se distingue par son impéritie à se doter des moyens de contrôler les flux de ces minerais, en créant des structures ad hoc chargées de surveiller les réserves mondiales, les productions et les ventes annuelles réalisées par chaque pays producteur. Le pays ne surveille pas non plus les stocks dans les entrepôts de différentes places boursières à travers le monde. C’est pourtant ainsi qu’il pouvait influer sur les prix de ses minerais, les orienter en faveur de son économie. Les pays de l’OPEP lui seraient d’une grande inspiration. Elle a des ressources d’avenir mais dont on ne profite pas. Certains analystes soutiennent que, c’est faute de vision pour le secteur. C’est un secteur qui souffrirait d’une certaine négligence alors qu’il est déclaré à tort ou à raison, moteur de croissance économique du pays. Les temps ont changé. Si les mœurs pouvaient, elles aussi, changer, on vivrait une nouvelle ère en RDC


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