Point de vue

Published on avril 2nd, 2021 | by nresources

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Formation du gouvernement : Sama Lukonde tient le cap contre vents et marrées

Tout le monde en parle. La sortie du gouvernement Sama Lukonde a pris plus de temps qu’attendu. Les spéculations vont bon train. D’aucuns évoquent un blocage dû aux guerres des positionnements et/ou aux appétits gloutons de certaines composantes de l’union sacrée de la nation qui, voudraient se tailler la part du lion dans ce gouvernement. D’autres laissent entendre que les violons sont finalement accordés et qu’il ne reste plus que de petits détails que le formateur du gouvernement doit voir avec le Président de la République avant la proclamation des membres de l’équipe gouvernementale.

Mais pourquoi cela a mis aussi longtemps ?

Il sied de relever que la formation de ce gouvernement était, dès le départ, liée à plusieurs contraintes. Quand on connait les raisons pour lesquelles certains anciens membres du FCC ont quitté cette coalition, l’on devrait tenir compte de plusieurs paramètres pour maintenir l’union et l’unité autour des idéaux défendus par le président de la République et que le premier ministre devrait matérialiser. Il ne faut pas que la sortie de ce gouvernement crée des frustrations. Son formateur doit rassurer même ceux qui n’en feront pas partie.

Il n’était pas, en effet, aisé de concilier la représentativité des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables ainsi que l’intégration des membres de la société civile dans ce gouvernement avec la réduction de sa taille comparativement au gouvernement précédent. Ce, alors que l’actuelle majorité parlementaire est formée de plus de composantes que la première. L’on devait, par ailleurs, étudier comment maintenir les anciens ministres membres de la coalition CACH qui se sont distingués positivement dans le gouvernement Ilunga Ilunkamba.

Mettre ensemble tous ces paramètres sans froisser les susceptibilités des uns et des autres, tel est l’exercice fastidieux auquel le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a dû faire face dans le processus de formation de son équipe gouvernementale.

Il lui a fallu prendre en compte trois options essentielles à savoir : Réduire de près de 30 % la taille du gouvernement. Le précédent était constitué de 67 membres pour une majorité parlementaire à 336 députés nationaux. Maintenant avec beaucoup plus de députés nationaux l’équipe de Sama Lukonde Kyenge devra avoir moins de 50 membres. Comment faire admettre à la classe politique qu’avec une majorité parlementaire largement accrue, il était impérieux de réduire de 30% la taille du Gouvernement? En d’autres termes, cela exigeait aux partis et regroupements politiques composant la majorité parlementaire de concéder quelques postes dans leurs quotas respectifs. Un véritable baptême de feu pour le premier ministre. Mais il  faut y parvenir, car, en cette période de crise, la réduction des dépenses publiques en dépend. On apprend que cette étape marquée par de fortes tensions dans les débats appartiendrait au passé. On retiendra néanmoins qu’elle a nécessité plus de temps. Le temps. Il en a également fallu pour trouver des compétences à même de faire face à l’exigence de donner une nette satisfaction aux multiples attentes de la population face à un quinquennat qui a perdu plus de sa moitié dans des querelles politiciennes avec l’ancien allié, le FCC de l’ancien président, Joseph Kabila. Il faut de guerriers qui offriront au président de la République un bilan à défendre à la fin de ce premier mandat. Une fin de mandat qui s’approche à pas de géant avec des pressions par-ci par-là pour la tenue, coûte que coûte, des élections en 2023.

Un gouvernement dit des guerriers mais qui devra allier compétences, conscience et probité morale. Le premier ministre a dû fouiller, bécher, ne laissant nulle place où la main n’est passée et repassée, pour que parmi les jeunes, sans expérience comme diraient certains, les femmes et les activistes de la société civile soient  trouvés ces vaillants qui doivent aller au front avec abnégation et sans se soucier de leur sort personnel. Par ailleurs, leur intégration sous-tend l’effacement de certaines « grandes figures politiques » habituées aux postes ministériels. Pas facile à digérer dans certains regroupements politiques à en croire des sources concordantes bien introduites dans les arcanes de la politique congolaise. Ici encore, il bien fallu du temps.

Toutes ces péripéties ont exigé au formateur du Gouvernement la souplesse, l’esprit d’écoute, la patience en tenant compte des ambitions et des exigences parfois rigides des uns et des autres, la force de convaincre pour mettre toutes les composantes de l’union sacrée de la nation d’accord sur la nécessité d’avoir une équipe ç ce format-là.

Jean-Michel Sama Lukonde ne s’est donné aucun répit avant d’avoir atteint ce cap. Avoir traversé ces vagues et ces tempêtes avec succès, fait de lui un capitaine qui rassure pour la suite de la traversée. L’avenir nous le confirmera certainement.

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