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Published on August 30th, 2018 | by nresources

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EXPOBETON 2017 : L’INNOVATION ET L’ACTION POUR UN HABITAT DECENT EN RDC

La deuxième édition du salon de la construction a connu un grand succès. Organisée par les cimentiers, ce rendez-vous s’inscrit aujourd’hui dans les agendas des professionnels et autres acteurs de la construction. Expo-Béton est un forum qui réunit les cimentiers, les gouvernants, les banques, les ingénieurs, les étudiants et les hommes d’affaires de tout bord. C’est une occasion de réfléchir et un moment d’échanger sur les opportunités d’investissement dans le domaine de la construction. Jean Bamanisa Saïdi, patron de la cimenterie PPC en est l’initiateur principal.

Ce deuxième salon de la construction et des infrastructures a eu comme thème central : « Planification et aménagement des zones industrielles et résidentielles des agglomérations urbaines congolaises : défis, enjeux, perspectives et normalisation ».

Le développement d’un pays n’est pas une loterie

La RDC a connu, il y a quelques années, la carence du ciment, matériau indispensable à la construction. Et pour cause, la production nationale ne répondait plus à la demande. Conséquence ? Les importations ont supplanté l’industrie nationale à cause des exonérations accordées aux importateurs. A cela s’ajoute la fraude douanière. Un dumping qui est un « poison » pour le pays.

En 2008, le besoin en ciment gris de la RDC était estimé à 3 millions de tonnes par an. D’où, la forte dépendance aux importations. En 2017, les cimenteries congolaises sont capables de produire 2,3 millions de tonnes. Deux nouvelles cimenteries ont vu le jour en RDC au Kongo Central pour répondre à la demande interne. Un sac de ciment est vendu aujourd’hui à 8 $ US, chose inimaginable en 2008 où un sac pouvait coûter jusqu’à 50 $. Les investissements ont augmenté sensiblement la production. Toutefois, ils doivent être amortis. Quoique le gouvernement ait accordé certains allègements fiscaux aux cimentiers en l’occurrence la suppression de la TVA sur le ciment gris, les opérateurs du secteur s’inquiètent de la faible consommation. Les Congolais n’ont pas de pouvoir d’achat. Les exportations sont actuellement difficiles à envisager car tous les pays limitrophes protègent leurs industries.  Pour favoriser les importations, le gouvernement avait revu à la baisse, le droit d’entrée à 5% à l’époque de la pénurie. Les cimentiers demandent au gouvernement de revenir à 20% comme pendant la période d’avant la crise. L’Angola par exemple, taxe 30%.

La modernisation des villes est une préoccupation de tous les Etats du monde. Mais la pauvreté, la pression démographique, l’anomie et l’incurie de l’Etat engendrent l’anarchie, l’envahissement des sites et l’urbanisation sauvage et désordonnée. C’est le constat d’EXPO-BETON. Pour remédier à cette situation, les professionnels de la construction proposent la planification des actions en vue de réussir l’aménagement des villes. Le salon de la construction recommande à l’Etat l’adoption d’un cadre juridique pour l’aménagement du territoire, la politique de l’habitat, la mise en place d’une banque de l’habitat, la rénovation des agglomérations et l’organisation des corporations dont celles des architectes et des ingénieurs. Ce salon donne des informations et des justifications pour améliorer le travail des entreprises et des professionnels de la construction. Expo-Béton  tire une sonnette d’alarme sur la prolifération des constructions anarchiques souvent à la base des inondations et des éboulements de terre. Un lotissement sans planification est un danger pour une agglomération.

La construction d’une cité, d’une zone industrielle, d’une ville ou d’une agglomération impose des normes. La normalisation protège les citoyens en les mettant à l’abri des catastrophes et des accidents. Les professionnels ont beaucoup insisté sur ce point. La naissance des bidonvilles est l’expression de la pauvreté et de l’absence de planification. Elle se traduit par des constructions anarchiques. Pourtant, on ne construit pas un quartier résidentiel de la même façon qu’un quartier industriel.

La place des PME : Expobéton salue la loi sur le partenariat public-privé

L’Etat doit accorder une place de choix aux PME locales car celles-ci créent des emplois pour les nationaux et contribuent à la vitalité économique. Les travaux d’assainissement par exemple, peuvent être attribués essentiellement aux PME. Leur floraison favorise la création de la classe moyenne qui réduit la pauvreté. C’est pourquoi Expobéton soutient la loi sur le partenariat public-privé. L’Etat ne peut tout faire, mais doit réguler le secteur et accorder certaines facilités aux PME.

Jean Bamanisa pense à la jeunesse pour un avenir radieux

Les constructeurs ont compris l’importance d’une main-d’œuvre qualifiée lorsqu’ils se soucient de la formation. Raison pour laquelle on a noté une présence massive des jeunes lors de ce forum. Les organisateurs ont associé les étudiants de plusieurs universités à l’événement. Les étudiants qui suivent les filières des travaux publics, d’ingénierie, d’architecture, de génie civil, de design et de construction ont obtenu des bourses. Ils ont présenté les différents projets dans leurs domaines respectifs sur la base des correspondances adressées aux universités avec des thématiques précises traitées par EXPOBETON.

Les étudiants ont travaillé sur la conception d’une zone économique spéciale, sur les ouvrages et les édifices publics, sur le plan de modernisation d’une ville ou d’un quartier, etc. Un jury composé des professeurs des universités et autres experts a fait une évaluation sans complaisance de tous les travaux réalisés par les étudiants. Les meilleurs d’entre eux ont reçu de nombreux prix dont l’argent ( 300 à 2.000 $ US), les ordinateurs, les titres de voyage à l’intérieur du pays ( à Songololo au siège de la cimenterie PPC) et à l’étranger notamment en Afrique du Sud, les stages payants et même les embauches dans les cimenteries et les entreprises de construction. Pour le président du comité organisateur, Jean Bamanisa Saïdi, ces bourses promeuvent l’excellence et luttent contre l’importation de la main-d’œuvre. C’est de cette façon que l’on peut valoriser le savoir-faire national, créer des emplois, la classe moyenne et lutter contre la pauvreté.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et Universitaire, Steve Mbikayi a présidé  la cérémonie de remise des prix. Il a invité d’autres jeunes à embrasser les filières techniques pour le développement du pays. A ce propos, Mbikayi compte revoir sensiblement à la baisse les frais d’études dans ces domaines pour encourager les jeunes. Les étudiants sélectionnés et primés ont manifesté leur joie et reconnaissance aux organisateurs de l’EXOPBETON. «La jeunesse est notre espoir. Elle constitue la future force intelligente du progrès. Les prix décernés aux étudiants encouragent l’innovation et le génie », a déclaré Bamanisa.

A part les conférences de haute facture de plusieurs intervenants dans la salle, EXPOBETON reste un événement inoubliable. Des stands ont été installés. Outre la grande exposition de plusieurs entreprises, les participants ont visité la zone économique spéciale de Maluku et certaines entreprises de la place.

Gaby KUBA BEKANGA


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