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Published on mai 8th, 2020 | by nresources

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Économie congolaise face au COVID-19 : Willy KITOBO PREND DES MESURES POUR MAINTENIR LE SECTEUR MINIER

L’économie congolaise pourrait s’en tirer indemne du choc mondial provoqué par les effets négatifs de la pandémie du Corona virus, pourvu que le confinement dans les zones d’exploitation minière ne dure pas trop longtemps et que les exportations ne soient pas entravées par un confinement dans les pays de transit. Le ministre des Mines, Willy Kitoba Samsoni, qui soutient cette thèse, table sur un relèvement des cours du cuivre et du cobalt, du fait de la reprise de l’activité économique en Chine, l’un des plus grands partenaires économiques de la RDC. Il reste convaincu que suite aux effets combinés d’une baisse de l’offre et de la demande, les prix des métaux stratégiques de la RDC, notamment le cuivre et le cobalt ne connaîtront pas de perturbations.

Il sied, en effet, de noter que certains analystes redoutaient qu’un arrêt brusque de la production minière des projets phares opérationnels en RDC, soit fatal pour une économie congolaise trop dépendante du secteur minier et dépourvue de fonds de stabilisation ou autres fonds souverains. L’onde de choc due aux conséquences fâcheuses de cette pandémie commencerait alors par le secteur minier et se répercuterait sur l’ensemble de l’économie d’autant plus que tous les secteurs, de la sous-traitance aux petits fournisseurs en passant par le secteur bancaire y sont rattachés.

Kitobo, le patriote

Si cette période de confinement général sur fond du fléau mondial peut constituer une excuse pour justifier le manque de performance chez certains, Willy Kitobo sait que son secteur est vital pour l’économie congolaise. Son ralentissement ne saurait être sans conséquences sur le vécu du Congolais. La pandémie passera. Mais les pouvoirs publics devront rendre compte au peuple de leur gestion en cette période. Après le confinement, le peuple aura besoin de plus que les promesses et les excuses. C’est pourquoi, Kitobo fait preuve d’imagination et d’abnégation. Plaçant l’intérêt national sur sa propre vie même, il a dû braver la peur pour travailler d’arrache-pied en vue de prendre des mesures visant à sauver l’économie congolaise. Car sa résilience supposée requiert certaines mesures qu’il fallait à tout prix prendre et appliquer. Son cabinet se trouve dans la commune de la Gombe, l’actuel épicentre de la pandémie en RDC. Mais le confinement de cette commune n’a pas entamé le moral de ce bosseur de Kitobo. C’est en cette période qu’il vient de prendre les 5 mesures qu’il estime incontournables pour réussir à sortir en douceur de cette zone de turbulence due au COVID-19. Il s’agit de :

  • Limiter les mesures de confinement aux seules activités non essentielles et maintenir la production industrielle en l’encadrant au maximum pour limiter la contagion ;
  • Faciliter l’approvisionnement en intrants et l’évacuation des produits miniers marchands ;
  • Ne recourir aux incitations fiscales qu’en cas d’extrême urgence, lorsque les prix baissent en-deçà d’un seuil plancher, et cela par le biais d’un moratoire;
  • Encadrer le secteur artisanal, qui emploie une grande partie de la main- d’œuvre et ;
  • Envisager des voies alternatives d’évacuation des produits miniers marchands en privilégiant, à moyen terme, la voie nationale pour plus de souveraineté.

Il est visible que cela exige une collaboration rigoureusement étroite avec les secteurs transversaux comme la Santé publique, l’Intérieur et sécurité, les Transports et voies de communication, le Commerce extérieur, l’Économie, les Finances, etc. A en croire le ministre des Mines, la source majeure de l’incertitude qui plane sur son secteur reste la durée de la période des confinements et autres mesures d’urgence prises par les gouvernements, en l’occurrence dans les pays où se situent les marchés de ces produits et ceux par lesquels transitent les intrants et les produits marchands nécessaires à l’exportation minière. Moins l’état d’urgence sanitaire global durerait à l’échelle planétaire, vite l’économie mondiale se remettrait et rapidement les cours des commodités essentielles pour la vie moderne, dont le cuivre, devraient se relever, soutient-il. Et, tel qu’on peut le constater, la réussite dépend autant des facteurs endogènes sous contrôle que des facteurs exogènes hors contrôle. L’effort doit consister à gérer au mieux les facteurs sous contrôle et attendre que le sort fasse concourir les facteurs hors contrôle en faveur de la réussite.

Des statistiques plutôt rassurantes

Il en veut pour preuve que déjà le prix du cuivre, descendu le 23 mars 2020, à 4.617,50 USD, la tonne, a refranchi la barre de 5 000 USD/tonne depuis le 07 avril 2020. De l’autre côté, le cours du cobalt se stabilise à 29 500 USD/tonne depuis le 23 mars 2020 après sa chute du 12 mars 2020 à 27 500 USD, la tonne.

Le ministre souligne aussi que par rapport à la même période en 2019, les exportations du cuivre ont globalement augmenté de 12,75% au premier trimestre 2020, quoiqu’elles n’aient été que de 4,02% et 9,95%, respectivement en février et mars 2020. De leur côté, les exportations du cobalt, nonobstant leur légère hausse de mars par rapport à janvier et février 2020, ont connu une baisse de 15,18% au cours du premier trimestre 2020, par rapport à 2019. C’est dire que pour l’instant, la crise liée au COVOD-19 n’a pas véritablement affecté la production du cuivre au cours du 1er trimestre 2020, comparée à la même période en 2019. Les zones de production ne comptent encore aucun cas de COVID-19. La panique est relativement faible. Cependant, la baisse de production de cobalt est sensible sur la même période.

Beaucoup de prudence

Peu importe que les causes exogènes, notamment la baisse de la demande mondiale aient plombé les cours mondiaux de principaux produits miniers, l’application stricte des mesures prises par Kitobo, peut soutenir cette capacité de l’économie congolaise à absorber les perturbations occasionnées par le COVID-19, à se réorganiser, et à continuer de fonctionner de la même manière ou mieux qu’avant. Autrement, elle restera vulnérable. Ce qui pourra mettre en mal l’équilibre social déjà précaire en RDC. Mais, si l’on s’en tient aux paramètres sous contrôle, on peut parier que Kitobo s’y prend bien. Il fait respecter toutes les mesures barrières dans l’ensemble du secteur pour la continuité des activités. Les entreprises, les exploitants artisanaux, les coopératives et tous les autres continuent leurs activités tout en observant scrupuleusement les précautions édictées par les autorités sanitaires. Le port de masque par exemple, est de mise.

Didier Kamesa Mwana


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