Reportage

Published on décembre 29th, 2020 | by nresources

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Dénonciation et sanction positive, deux flèches de délivrance contre la corruption à la Gécamines

Le directeur général de la Gécamines, Sama Lukonde Kyenge, a pris part, le 10 décembre dernier à Kinshasa, à un échange d’expérience organisé par Glencore devant la presse en marge de la journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée la veille. Avec le coordonnateur de l’Agence congolaise de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), Ghislain Kikangala, le représentant du président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le président de la Chambre des Mines, Louis Watum, et la directrice exécutive de Glencore/RDC, Marie-Chantal Kaninda, ils ont échangé autour de la manière dont la conformité et la bonne gouvernance sont appliquées au sein de leurs structures respectives. Plusieurs membres du corps diplomatique, des directeurs généraux et autres conseillers étaient également présents.

Transformation de la Gécamines

Sama Lukonde indique qu’à l’époque où la Gécamines était une entreprise publique, les agents se conformaient à un code de bonne conduite édicté en interne. Depuis sa transformation en entreprise commerciale, la Gécamines se conforme aux exigences de l’OHADA comme cadre légal. Et les plus grands principes de l’OHADA restent la redevabilité et le confort. Ils appellent les sociétés à se doter des organes sociaux de contrôle. Ces organes sont opérationnels au sein de la Gécamines afin de contrôler de manière transversale, l’action de chacun. Il y a une assemblée générale, le conseil d’administration, la Direction générale et le Commissaire aux comptes. Après, un programme beaucoup plus rigoureux en termes de conformité a été élaboré.

Parallèlement, la Gécamines a aussi mis en place un programme de lutte contre la corruption. Dans ce domaine, dit le DG, la Gécamines est un exemple de rigueur et de discipline. Elle veille à ce que les services rendus par un agent Gécamines dans l’exercice de ses fonctions, ne soient jamais payants. C’est pourtant une pratique devenue habituelle et normale dans d’autres structures en RDC.

En guise d’exemple, Sama Lukonde déplore un mal qui s’est installée dans le comportement du Congolais : La propension à toujours contourner les principes. Le Congolais n’aime plus attendre patiemment le tour pour obtenir un service. Il recourt à des pratiques de facilitation pour être servi le premier quand bien même il est arrivé le dernier. D’où, il souhaiterait qu’il y ait une prise de conscience collective pour bannir ces pratiques de facilitation qui ne sont rien d’autre que la corruption. Il suggère que tout le monde ait le courage de dénoncer la corruption. Dans le cadre de cette lutte, il est devenu pratique à la Gécamines de sanctionner positivement tous ceux qui dénoncent la corruption. C’est un principe de base car à la Gécamines, on croit que tant que cet acte qui se fait toujours dans l’ombre, la corruption n’est pas dénoncée et mise au jour, ceux qui la pratiquent en profiteront toujours. A la Gécamines, la dénonciation et la sanction positive s’appliquent déjà en expérimentation, surtout au niveau de la garde industrielle et des services d’élite. Le DG espère qu’avec le temps, cela pourra contribuer à réduire sensiblement la corruption au sein de l’entreprise.

L’environnement général expose à la corruption

En effet, un courant de littérature économique en vogue actuellement au monde, croit que les fondements d’une bonne entreprise reposent sur une conformité et une gouvernance solides. Et que par contre, associée à la corruption, une mauvaise gouvernance a un impact macroéconomique négatif. Ces deux tares entravent le développement socioéconomique inclusif et accentuent les inégalités au risque de provoquer des grognes sociales et de nuire au bon déroulement des activités de l’entreprise. D’un point de vue économétrique, les effets de la corruption et de la mauvaise gouvernance se manifestent notamment par l’augmentation des flux financiers, le dysfonctionnement du gouvernement et les distorsions des incitations économiques. Les tenants de cette idéologie pensent que la lutte contre ma corruption et la            promotion de la bonne gouvernance sont une priorité pour le bon fonctionnement d’une entreprise. La corruption a de graves répercussions économiques. D’où il est important de réduire la corruption et ses effets pernicieux à tous les niveaux du système économique d’une entreprise en étudiant les situations qui peuvent l’exposer à la corruption.

D’autres intervenants ont épinglé le contact physique et la non application des sanctions entre autres, comme réalités environnementales qui exposent à la corruption. La question de la corruption n’est pas un fait isolé  dans la société. Elle doit être étudiée comme un élément dans l’ensemble du système social. Car, concluent-ils, la corruption est souvent entretenue par ceux qui sont censés la combattre. Lorsque dans une société, les dispositions légales prévoient qu’on paye des pénalités aux aviseurs (ceux qui sont commis à la tâche de contrôle), la suite est sans appel. D’autres dispositions laissent à l’administration le loisir de répondre ou non à un opérateur qui dépose une demande de document par exemple. Allez-y comprendre. Ceux qui le disent, en savent sûrement quelque chose. Il faudra ouvrir l’œil et le bon. C’est un travail de longue haleine.

Didier Kamesa


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