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Published on mai 8th, 2020 | by nresources

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Dégazage du golfe de Kabuno : Rubens MIKINDO S’ENGAGE

Un accord vient d’être signé, samedi 25 janvier 2020 à Goma, entre le ministre d’Etat, ministre congolais des Hydrocarbures, Rubens Mikindo Muhima et Michel Halbwachs responsable de la société française Limnological engineering pour la réduction de la teneur en dioxyde de carbone dans le Golfe de Kabuno (lac Kivu). Il s’agit de la deuxième phase de ce projet du dégazage du Golfe de Kabuno qui intervient après la phase pilote lancée en mars 2017. Très concluant, le projet pilote a donné de bonnes indications pour lancer la phase Industrielle. Cette phase de dégazage proprement dit s’étendra sur une durée de 24 mois avec un coût total de 5.022.056 euros et vise une diminution de 80 millions de mètres cubes de gaz par an. C’est une augmentation en efficacité de 12 fois plus que la phase pilote qui a totalisé en une année, une diminution de 8 millions de mètres cubes de gaz carbonique. En 5 ans le golfe de Kabuno sera dégagé de 400 millions de mètres cubes, une quantité suffisante pour écarter le danger d’explosion de ce gaz.

La cérémonie s’est déroulée en présence des plusieurs autres autorités, notamment le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita et son collègue du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi.

A en croire Rubens Mikindo, c’est depuis 2014 que le gouvernement congolais a levé l’option d’éliminer le gaz carbonique par le dégazage progressif de ce lac dans une couche compris entre 12 et 50 mètres de profondeur. Ce gaz représente un danger permanent pour la population environnante. C’est pourquoi Mikindo et ses accompagnateurs ont salué unanimement la détermination du chef de l’État, Félix Tshisekedi à mettre hors de danger la population riveraine de ce lac. La signature de ce contrat matérialise cette détermination du gouvernement congolais à dégazer le Lac Kivu du dioxyde de carbone pour épargner les populations du Nord et Sud-Kivu du danger que représente ce gaz. Proche de la saturation dans le golfe de Kabuno, ce gaz se retrouve dans les eaux à seulement 12 mètres de la surface. Selon Michel Halbwachs, cette couche de 12 mètres ne doit pas être modifiée en diminution pour éviter le danger. Raison pour laquelle pendant ce dégazage, cette couche pure augmentera de 2 mètres en profondeur par an.

Le danger est d’autant réel que Michel Halbwachs énumère et met l’accent sur les conséquences graves que pourrait entrainer une éventuelle explosion gazeuse dans le lac Kivu. Il évoque notamment la mort par asphyxie de la population environnante de la ville de Goma estimée à quelques deux millions d’hommes, mais aussi des dégâts matériels très importants en termes de biodiversités à l’instar des Lacs Nyos et celui de Mounoun au Cameroun qui ont fait jadis et respectivement 1746 et 37 victimes en 1986 et 1984. Michel Halbwachs ajoute que cette explosion peut également engendrer la concentration élevée dans le Golfe, le tremblement de terre qui peut provoquer des glissements des terres et perturber la stratification des eaux du Golfe ; le déversement des laves volcaniques chargées en gaz dans les eaux ainsi que la prévision élevée de gaz dissout.

Pour sa part, le gouverneur du Nord-Kivu qui souhaite une accélération du processus, estime que sa population est toujours menacée par ce risque d’explosion de ce gaz naturel. « Nous pensons qu’à l’issue de ces travaux, nous pourrions oublier les catastrophes naturelles », a-t-il déclaré. Son collègue du sud-Kivu, Théo Kasi promet tout son accompagnement pour la réussite de ce projet. « Partageant cette ressource entre la RDC et le Rwanda qui a déjà entamé sa phase d’exploitation nous veillerons à préserver en cette matière, la coopération et les bonnes relations d’amitié qui existent entre ces deux pays » a-t-il renchéri.

Il fallait prendre les mesures qui s’imposent

Il sied de souligner que le dégazage dudit Golfe transforme les risques en opportunités. Des emplois seront créés. Michel Halbwachs précise que d’ici peu, trois plateformes seront installées dans le golfe de Kabuno pour la phase industrielle.

Une autre firme commencera l’exploitation de ce gaz pour en faire un produit combustible pouvant alimenter les manages des populations de l’Est de la RDC en énergie propre et renouvelable. Il faut dire que le Golfe de Kabuno est situé au Nord-Ouest du lac Kivu et présente une configuration particulière distinguant ainsi ses eaux à celle du basin principal. Ces eaux présentent des caractéristiques physico-chimiques distinctes des eaux du reste du lac Kivu. La bathymétrie effectuée indique que la profondeur du Golfe de Kabuno est de 135 mètres.

Plus dangereux que Nyos

Rubens Mikindo confirme par ailleurs, que ce golfe de Kabuno possède 3 milliards de mètres cubes de gaz carbonique soit 12 fois plus que le Lac Nyos du Cameroun. Il précise aussi que ce projet ne doit pas être confondu avec celui de l’exploitation du gaz méthane du Lac Kivu pour la production de l’énergie électrique. Ce sont deux projets différents. L’objectif de ce projet de dégazage est de réduire sensiblement la teneur du gaz concentré dans ce golfe avant la phase d’exploitation du gaz méthane pour la production du courant électrique.

«Le dégazage concerne uniquement la réduction de la teneur en dioxyde de carbone dans le golfe de Kabuno alors que l’exploitation du gaz méthane consistera à l’extraction de ce gaz dans les eaux du Lac Kivu en vue de produire de l’électricité.», a-t-il explicité.

Le ministre appelle les populations du Nord et du Sud Kivu à soutenir ce projet tout en rappelant le danger que représente ce gaz.

Didier Kamesa Mwana


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